The Hatian dream

8 December 2018 Par: Adrien Rodrigue

Haiti

Enfin! Les bonnes nouvelles arrivent. Une porte semble s’ouvrir pour les immigrants, les refugiés et mes compatriotes haïtiens qui, au fil des ans, ont largué les amarres aux pieds de ses amis européens, ses cousins américains et ses frères africains. Cette dernière information émanant de mon camarade P.E.L me met un sourire aux lèvres. Je peux avouer que la victoire des démocrates a fait changer d’humeur à plus d’uns. Il y a des mots qui nous rassemblent, des gestes qui optimisent le cours des choses. C’est sur la base de cette nouvelle victoire des gens de biens, des humanistes, des écologistes et des altermondialistes sur ce dévastateur, ce briseur d’idoles et de rêve qu’il faut construire le rêve haïtien. Le rêve américain est vivant et sa vision complète l’idéologie et la philosophie du combite avancées comme nouvelle alternative aux idées et valeurs imposées à l’homme du sud pour s’insérer dans le monde dit civilisé. Ouf ! Les bonnes nouvelles arrivent d’Amérique et d’Europe et, je pense, que mon pays peut et doit en profiter pour émerger du chaos ambiant activé par cette fausse conjoncture.

Haïtiens, américains et français ont un destin commun à épouser. Ce qui écrit notre avenir en grande lettre dans le grand cahier de l’histoire. C’est par nos actions qu’on peut recolorer le passé. Oui, ce sont nos pas au carrefour vers l’horizon le plus clair qui retrace le chemin parcouru par nos ancêtres. On marche vers la ligne imaginaire du chemin à parcourir pour arriver au carrefour des grands. En fait, Haïti demeure dans la course vers le summum. Dans ce monde utopique, il n’y a plus de frontière entre notre réalité, le rêve et cette aventure programmée par cette fausse conjoncture. Le rêve haïtien est de vivre ensemble autrement. En effet, ce sont les incertitudes qui font profiler l’espoir à l’horizon. Oui, j’espère en ce qui a trait au dilemme haïtien. Et cette nouvelle attitude semble réguler les émotions. Mon esprit a repris la télécommande de mon subconscient. L’objet du désir ne faisant plus saliver. C’est cette situation intenable qui m’inspire du pas-encore. Oui, ce sont les images de mon rêve qui me colorent la réalité maintenant. Ces mots d’espoirs et de bonheur ne peuvent que me conditionner en vue de la rédemption de l’esprit. C’est sur ce nouveau ton qu’il fait planifier le combite fédérateur d’énergies vertes et positives en vue de la transformation de la savane en cité.

En course pour la coupe d’or, Haïti grappille des points sur l’échiquier et, ceci, malgré les aléas ayant levé le rideau sur nos turpitudes et timouneries. Les idées révolutionnaires et les valeurs humanisantes nous valent le respect au Lakou des grands. Du mouvement des sans-terres et de toit aux va-nu-pieds, un pied-à-terre semble à porté de vue. C’est dans ce panorama vierge de tout contact humain que je compte nous rassembler pour cogiter et majorité le confite constructeur de l’autre système. C’est notre ici qu’il faut transformer pour nous apaiser de l’envie d’habiter là-bas. L’utopie est d’arriver à embarquer les haïtiens vers l’ailleurs rêvé sans les déplacer d’ici. Oui, les haïtiens du 21e siècle n’ont plus l’Afrique comme point de repère mais l’Amérique et l’Europe comme miroir. Oui, dans le miroir on n’a pour reflet que les images auquel l’occident américain et européen nous projette. La libération c’est d’arriver à nous déchaîner l’esprit de canons, des codes et clichés peuplant l’imaginaire de l’homme du sud.

L’haïtien rêve de regarder le monde à travers ses propres lunettes en vue d’autres repères à l’horizon. On sait d’où l’on vient et on ne sait pas où l’on va. Nous marchons vers on ne sait où. Nos pas étant dirigés par les reflexes et les réactions de ceux-là qui nous dominent l’esprit économiquement, politiquement et culturellement. L’africain, l’asiatique, l’haïtien savent d’ où ils sont partis, ils n’ont pas en vue leur terre d’accueil ou d’asile. Nous marchons comme tous ceux ayant marché, pour poser les pieds sur cette terre sacrée que nous habitons mystiquement. La tête vers les étoiles nous marchons jusqu’au dernier carrefour de l’histoire. Sous ce croissant de lune éclairant notre chemin vers le no man’s land, nous avons le soleil pour horizon, la mer pour frontière. L’haïtien ne marche pas tête baissée, il a les étoiles pour boussole pour arriver au bout de l’aventure activée par cette fausse conjoncture. L’espace planétaire n’ayant ni point de départ ni point d’arrivée, la destination est la station où l’on s’arrête pour requinquer, s’interroger et évaluer notre parcours dans la durée pour repartir incognito. Paradoxalement, l’haïtien est loin d’être un nomade, il a une notion du chez-soi. Embarqués par les négrides vers le no man’s land, Il en fait la terre promise. Oui, Haïti est une terre promise aux hommes libres ayant une tout autre définition ou perception de la civilisation, de la culture et de l’histoire. Cette terre sacrée appartient au peuple marron qui, au fil de l’histoire du monde, a redéfini les concepts de liberté, de démocratie, de droits de l’homme et de l’humanisme.

Naturellement, l’espace n’a pas de repères. L’homme s’est retrouvé dans la nature, il ne sait pas où il est. Au départ, l’homme n’a aucune perception de sa destination, il est comme orienté par les besoins de l’heure. Nous avons pour carrefour le rond- point où s’entrecroisent les regards autour de l’objet du désir. L’haïtien se trouve à un carrefour de l’horizon où il doit affronter et croiser les regards de son semblable. C’est dans la confrontation qu’il renaît aux yeux du monde. Oui, on devient humain non pas en toisant l’autre, mais en fraternisant et en amicalisant avec lui. Au frottement avec l’autre au carrefour du monde, on renaît humain : qu’on soit chrétien, musulman, vodouisant, bouddhiste ou autres. L’énergie humaine est dans une poignée franche et sincère et un regard accueillant, apaisant et serein. Le mot doux et le geste tendre de l’autre me ressuscite et me récupère. L’amitié, la fraternité, l’humanité, c’est le vivre et le faire ensemble autrement. En ce sens, le rêve haïtien est d’être humain, c’est-à-dire être traité d’égal à égal, arriver par des mots et des gestes à traverser l’autre, de sa station à la destination commune de tous les peuples se guettant au carrefour de l’histoire.

C’est par nos mots et gestes qu’on traverse de l’autre à nous. De nous à l’autre, on peut faire le saut vers le soi en conjuguant la liberté, l’humanité et la fraternité. C’est par le contact humain qu’on devient l’égal de l’autre. C’est en pénétrant l’autre par le regard et par des mots charriant cette dose d’énergie humaine et de liberté qu’on passe du moi au nous. Le nous est basique de notre combite même. Il nous réunit dans le jeu en vue de la réalisation dans le soi. C’est en passant par l’autre qu’on accède au nous constructeur de l’humanité. L’autre n’est pas qu’un carrefour vers la réalisation de soi, il est constructif de la réalisation humaine même. C’est en misant de sa personne qu’on arrive à construire le pont vers l’autre. En ce sens, le combitisme est un humanisme. Il nous permet par le transfert de notre chaleur humaine, de transformer nos émotions, peurs et désirs en forces et possibilités pour agir collectivement et concrètement sur le monde. Le combite nous accueille dans ce Lakou commun en vue de faire ensemble. La clé de notre Lakou d’accueil et d’honneur est dans le respect de soi, l’amitié, la fraternité, la familiarité et l’humanité. Les idées positives et les valeurs du confitisme sont heuristiques d’une humanité plus humaine. Elles replacent l’être haïtien au centre de l’humain. C’est en se centrant autour des valeurs et des idées du combite qu’on retrouve le point de ralliement vers le soi. La vertu est dans le rassemblement, dans la conjugaison des valeurs créatives et fondatrices de richesse et de paix. Le graal est dans le faire ensemble, dans l’action collective sur le réel. Le combite permet l’homme de se recentrer vers l’humain en vue de la transformation de soi. C’est en faisant ensemble qu’on peut retrouver l’ancrage et la sérénité pour perdurer et traverser vers nous. La destination est humaine. Partant de soi et passant par l’autre on ne peut que traverser vers le soi humanisant. Au carrefour de l’autre, l’humain est le point à atteindre pour accéder à soi. Quiconque tente de contourner ce point vers lui-même, fait fausse route vers le graal.

Le rêve haïtien est dans la quête de l’humain, dans la relation avec l’autre au carrefour de l’histoire. C’est par le combite qu’on se rapproche du lointain en vue du faire ensemble transformateur du don en énergie vitalisante. Il est vecteur de fraternité et d’humanité. La vertu du combite est dans la relation humaine. C’est par la formule un pour tous, tous pour un que nous portons le projet du confite. Le projet est d’arriver à se transformer par les valeurs et les idées véhiculées par la philosophie du combite en vue de la métamorphose sociale, économique, culturelle et politique.

Le rêve est d’arriver à matérialiser les idées et les valeurs du combite. Le combitisme permet d’équilibrer la balance penchée du côté du happy few traditionnel. Il facilite la redéfinition de l’être haïtien à travers le projet et le travail en commun. Le rêve, a priori, est de construire un autre rapport de force, de diminuer les contradictions entre les strates et de redessiner le panorama coloré par la classe dominante. Le combite c’est en vue de la coexistence pacifique en société et c’est en cela qu’il est humain. Visant le bien-être collectif, il permet à l’homme du sud de vivre ensemble autrement par-delà les clivages, les canons et les clichés.

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