Une fausse conjoncture

26 December 2018 Par: Adrien Rodrigue

Une fausse conjonctureLe moins que l’on puisse dire en ce qui attrait au dilemme haïtien est qu’on est dans une fausse conjoncture. Purement et simplement. Oui, le système haïtien est baisé. on triche dans tous les azimuts au jeu politique. On n’a plus l’image du décor d’antan. Les mercenaires et les raquetteurs ayant ombré le vrai visage de l’homme haïtien. Oui, en ce qui a trait au jeu transparent du politique, je dénonce le renversement des rôles. Haïti n’est plus dirigée par des élites. Les déviants faisant la leçon aux gens de bien et aux membres de l’intelligentsia.Paradoxalement, le 21esiècle devrait être le moment de réparer les torts,de repenser et de pallier au manque du dix-neuvième et du vingtième siècles. Tout le contraire, nos manoeuvres dans l’ombre ne font que plonger et affaisser Haïti dans le gouffre.

Le pire qui puisse arriver dans une république, pour parler comme Platon, est que les enfants prennent le dessus sur les parents, les professeurs n’ont plus l’oreille des élèves, les gouvernants n’ont plus l’attention et le respect des gouvernés. Dans le cas d’Haïti, on assiste à un déficit de crédibilité et d’autorité. Dirigeants, parents et responsables ne pouvant plus justifier leurs main-mises sur leurs subordonnés.C’est la redevabilité envers les citoyens qui implique le respect, l’autorité et la légitimité.Oui, moralement, politiquement et socialement, les institutions basiques du système haïtien ne fonctionnent plus. Les structures devant reformer et renouveler les micro-sociétés telles : la famille,l’école, l’église et autres ont été déconstruites par les vagabonds et les délinquants. Oui, pour légaliser leurs manoeuvres interdites, les bandits légaux se sont attaqués aux îcones sacrées de la république, aux lois, canons, principes et clichés gardiens du bien vivre-ensemble. Oui, maintenant je comprends comment on est arrive à cette déconfiture, cette bigarrure et ce chaos ambiant : ce sont les ratés, les va-nu-pieds et les coquins qui ont pygnon sur rue dans la république construite par les hommes de lois, les élites et les vrais représentants d’un peuple fier d’avoir fait la plus grande révolution au dix-neuvièmesiècle.

Oh ! Maintenant je comprends. C’est ainsi qu’on en est arrivés là. Nous sommes dans une fausse conjoncture et ce fait actif la mésaventure d’un peuple dans le carrefour de l’histoire. La condition infrahumaine de notre Haïti était prévisible. Mon regret est qu’on a omis le si dans l’histoire.Oui, si Père-Val avait mieux géré la fin de son quinquennat, on aurait pu éviter la descente aux enfers. Oui, Haïti aurait pu empêcher la main-mise d’Alibaba sur le trésor de la république. Si Cicéron avait joué dans la transparence en 2001, on aurait eu un tout autre destin. Oui, si, toujours si. Il faut dire si pour mieux faire la généalogie de ce chaos ambiant et l’étymologie de ce vocabulaire 46 de ces délinquants prenant en ôtage le pouvoir politique pour se blanchir, se légaliser et renverser les rôles. Paradoxalement, le monde politique et diplomatique acquiesce aux manœuvres des bandits légaux pour désacraliser les symboles du pouvoir républicain. Oui, avec la complicité d’une frange de la communauté ayant mal digéré l’arrogance haïtienne au dix-neuvième siècle, les bandits déconstruisent sous nos yeux le système producteur de gens de bien et des élites pour s’ériger comme des modèles pour la postérité et le reste du monde.

Oui, si encore si. Il faut en revenir au si pour remonter aux causes de l’effet ambiant. Généalogiquement, nous sommes dans une fausse conjoncture, c’est par des perspectives et des projets qu’on peut rendre prévisible l’avenir de notre pays. De la généalogie à la futurologie, il faut agir sur la conjoncture pour éviter la mésaventure.Oui, ceux dont nous n’avons pu refaire sont en train de nous défaire. Ces malfrats et ces bandits légaux étant le produit d’une structure que nous n’avons pas pu révolutionner et renouveler, pour recolorer le tableau actuel, je vous propose le combite comme moyen de rassemblement des énergies et valeurs vives et positives de notre pays en vue d’une action collective et concrète qui puisse changer la donne en Haïti.

Bois-Patate
Mercredi 26 Décembre 2018, à 10h 18 A.M
Rodrigue Adrien,
Président du combite 33.

 

 

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